17 ans
1 an et 10 jours
7h48’50’’
Trois chiffres pour un même objectif : l’Ironman.
7h48’50’’ est le temps de mon premier LD effectué il y a quelques jours à Biscarosse. Un moment attendu depuis longtemps, très longtemps : 1 an et 10 jours exactement ! Ce retour en arrière correspond à une première aussi pour moi mais beaucoup moins plaisante, celle d’un séjour à la clinique. En effet, 1 an et 10 jours avant le départ de l’Ironborn, j’étais allongé sur « le billard » pour une péritonite très avancée (sic !) et qui limitera grandement mes mouvements pendant plus d’un mois après l’opération. Je venais de reprendre le triathlon depuis un peu plus d’un an en montant en puissance progressivement et surtout en revenant à une condition physique plus acceptable (perte de poids d’environ 15 kg !). 15 jours plus tôt je venais de boucler le MD de Saint Jean de Luz pour un retour dans le sport d’endurance. Mais voilà, une erreur de diagnostic fera tout mettre en doute : vais-je devoir reprendre tout depuis le début pour revenir au niveau de Saint Jean de Luz ? Vais-je pouvoir monter en distance sur la saison 2005 (l’objectif LD était dans ma tête depuis le début) ? A problème compliqué réponse simple, voilà un de mes adages. Donc 2005 sera l’année de mon premier LD ! Pour pouvoir me laisser le temps de reprendre je me décide tout de suite sur Biscarosse et son Ironborn dont la première édition vient d’avoir lieu (la localisation proche de chez moi, le bassin d’Arcachon, et le profil plutôt plat ne sont pas étrangers à cette décision). La saison est alors lancée mi-décembre au moment où je peux recommencer à courir et appuyer plus fort sur les pédales sans avoir l’impression que mes abdominaux vont se déchirer !
(…) (Le bilan de la saison 2005 sera dans un prochain article, après celui de 2004 !)
Réveil à 5h00 du matin dans le superbe mobil home où une courte nuit vient de se finir. Il est temps de prendre le dernier repas et de vérifier encore une fois les sacs avant de partir vers le parc de transition. Arrivé là-bas, il fait encore nuit évidemment, mais c’est tout neuf comme sensation pour cinq des sept membres du club qui sont présents. Le départ approche, on se trempouille un peu, c’est assez oppressant de nager dans cette eau noire. Et c’est parti, un départ relativement calme tout de même (probablement car nous ne sommes que 200), je prends mon rythme mais qui s’avèrera être un faux rythme au vu du temps à la sortie de l’eau. Passage à proximité de la plage au 2000 m, les forces sont toujours là, je tente alors d’accélérer environ 1500m pour relâcher en vue de la plage. Je sors en 1h16 de l’eau, je suis relativement déçu lorsque j’aperçois le chrono en levant la tête mais je me dis qu’il reste encore du chemin pour se rattraper … ou bien craquer peut être ! Transition assez rapide malgré ce fichu maillot de vélo qui est difficile à enfiler par-dessus la trifonction mouillée, on remplit les poches et c’est parti. Rythme élevé dès le départ, cela roule assez vite malgré le fait que je m’étais répété de rester tranquille sur le vélo. Le parcours est très roulant et pour l’instant le vent n’est pas de la partie, mais la pluie commence à pointer le bout de son nez. Premier demi-tour pour juger les écarts avec les copains du club, je roule bien mais ma natation était légère. C’est parti, une première trombe d’eau s’abat sur nous, il fait assez froid, je me demande comment font certains pour être en trifonction et ne pas être gelés (je suis frileux il est vrai). A l’approche des bosses du premier tour ma moyenne frise les 34km/h, je sais que c’est trop rapide mais les jambes tiennent, donc… Les bosses passent mais la pluie redouble et le vent devient de plus en plus fort. Le retour de Biscarosse jusqu’au demi-tour devient vraiment très rapide, mon compteur flirte régulièrement avec les 40km/h (le vent aide un peu je l’avoue), mais je continue à appuyer car j’ai parié que je ne me ferai pas rattraper avant le 100ème km vélo par un copain du club. Ce pari devient délicat lorsqu’au demi-tour je vois que celui-ci est très proche de moi. Retour sur Bisca avec le vent dans le nez, fatal ! Je prends un petit éclat vers le 85ème, je décide alors de gérer la fin de course, le vent devient omniprésent, la pluie aussi. Mon pari est perdu mais ce n’est pas grave, la moyenne vélo est toujours bonne, je m’alimente correctement (pour une fois !) et je retrouve des jambes vers le 95-100ème km. Les bosses passent à peu près et c’est le retour vers le parc. Je me demande bien comment vont réagir mes jambes sur la course à pied lorsque je vois 5h05 au chrono officiel au parc. Changement rapide, et c’est partit pour 30 km. Rapidement je sens que j’ai de bonnes jambes, les sensations sont là et je prends même un réel plaisir à gérer ma foulée. Avant course, une moyenne de 5’/km (12km/h) était vraiment synonyme de grand jour pour moi ; sur la course cette moyenne se réalise sans problème avec même des arrêts à chaque ravitaillement (environ 30’’) par peur d’une hypoglycémie (souvenirs …). Malheureusement une contracture à l’adducteur droit se fait sentir au 23ème, je persiste mais ma moyenne chute jusqu’à l’arrivée pour finir en 1h41, ce qui est un bon temps pour moi de toute façon pour mon premier LD.
Les flash-back se bousculent déjà dans ma tête mais le plus beau est celui où je finis les 50 derniers mètres avec mon fils aîné à mes côtés.
‚ Et maintenant ? L’objectif annoncé de 2006 était un Ironman, suite logique des deux années de reprise. Avec l’aide de mon club, ce sera celui d’Autriche, à Klagenfurt le 16 juillet 2006. Parcours donné rapide, et surtout nous sommes pratiquement 20 du club à y aller donc plus de la moitié novice sur la distance ! il aura fallut 17 ans d’attente pour enfin m’inscrire sur un Ironman, autant dire que j’en ai envie !
Alors pourquoi un blog ? Tout simplement pour faire partager cette aventure à ceux qui souhaitent la lire, car moi-même je me nourris régulièrement du témoignage d’autres triathlètes. Mais aussi après ces longues années d’attente, commencer à toucher du doigt mon plus grand rêve sportif, me donne envie de partager ces moments. De plus pour tenter de démontrer (si je réussis à finirJ) qu’il est possible de faire ce sport sans être un professionnel, en ayant donc un métier à plein temps et une famille (je suis marié et père de deux petits garçons). Ce petit blog me servira en fait de journal de bord de ma modeste préparation.
Bonne futures lectures à tous !